PORTRAIT D'UN COUREUR - RENÉ MATHIEU

En 1990, René étudie en informatique à l’université du Québec à Montréal.  À la télévision, il voit la télédiffusion du marathon de Montréal dont le départ est donné sur le pont Jacques Cartier. Même s’il n’a jamais couru, ça l’impressionne. Plus jeune, il excelle au squash et surtout au golf (il a joué 73 au Bic!). Il prend une décision : à la prochaine édition du marathon de Montréal, il sera participant, pas spectateur.

L’année suivante, il revient travailler à Québec, au gouvernement. C’est d’ailleurs au ministère de l’Énergie et des Ressources Naturelles, son employeur actuel, qu’il rencontre Diane, une consultante en informatique, celle avec qui il partage aujourd’hui sa vie : « Il y a eu une période où je l’ai bossé, et une autre où c’était l’inverse. » (René parle du travail. Quant à la maison …)

Avec l’arrivée du printemps, René débute son entraînement. Tout à tour, il participe à une course de 10 km, au demi-marathon Phil Latulippe (« Une belle course») puis, comme prévu, au marathon de Montréal qu’il complète en 4h19. L’année suivante, dans un « froid de canard », il court son deuxième marathon, le marathon de l’Île d’Orléans. Dans les années qui suivent, même s’il participe à de nombreuses courses sur des distances inférieures, il prend une « pause marathon. »

Ce n’est qu’en 1998, avec la naissance du marathon des Deux-Rives, que René décide de courir à nouveau un marathon. C’est à ce moment qu’il devient membre du Club : « Mais ce n’était pas aussi plaisant que maintenant, c’était trop compétitif; la plupart de ceux qui n’étaient pas capables de suivre les meilleurs abandonnaient. »

Ses premières participations au marathon des Deux-Rives font partie de ses beaux souvenirs : « Le parcours original passait en face de la maison où j’ai grandi et je revois mes parents, dans les rues de Lévis, qui m’encourageaient. » Un de ses beaux souvenirs de groupe, René le vit au marathon des Deux-Rives en 2009. Au départ, avec Francesco Colarusso et Sylvain Murray, deux membres du Club, ils font un pacte : celui de courir ensemble afin de « rentrer en 3h30! »  Ils franchissent la ligne d’arrivée à moins de deux minutes de leur objectif, heureux d’avoir vécu un moment particulier ensemble.

Un autre moment fort de sa « carrière de coureur » survient en mai 2015, dans l’autobus qui le conduit au marathon d’Ottawa. Comme le veut la coutume lors de ce voyage organisé par le Club, René inscrit sur une feuille le temps qu’il pense pouvoir faire sur le marathon qu’il s’apprête à courir. René y va « all-in » et inscrit 3h19 avec la mention, entre parenthèses : « Le temps dans mes rêves ». Au retour, Guy Dorval dévoile le nom de celui qui a vu juste : René Mathieu!

Compétitif dans l’âme (euphémisme!), René participe à l’automne 2018 au marathon de Berlin, son 31e marathon et surtout, son quatrième « Major » (voir photo). En avril 2019, René participe au marathon de Londres. Traînant une blessure depuis quelques mois, il complète son cinquième « Major » avec difficulté. Le repos forcé des mois qui suivent provoquent une remise en question de son approche face à la course à pied. Mais son objectif demeure : « J’aimerais bien être le premier à obtenir la médaille remise aux coureurs qui ont couru les six “Major”! » Après Londres, objectif Tokyo!

René est un rassembleur. Bon « pacer » (« J’ai appris de Robert Bégin de Lévis, un ancien membre de LF »), René aime courir en groupe. On sent sa fierté lorsqu’il parle de « son Club de Charlesbourg » qu’il a « fondé » avec 5 ou 6 autres coureurs de LF résidant dans le même secteur que lui : « On fait notre “semi-longue” ensemble, on jase, ça passe plus vite! »

René aime également s’impliquer. Fidèle au poste à chaque dimanche matin, Jacques l’a choisi désigné pour être le « compteux », celui qui compte le nombre de coureurs présents lors des entraînements du dimanche. Les membres de LF ne lui facilitent pas nécessairement la tâche !

Sur un plan plus personnel, René aime lire et voyager. Durant l’année sabbatique qu’il a pris avec sa blonde Diane en 2018-2019, René a effectué pas moins de quatre voyages : Allemagne (marathon de Berlin), Chine, ouest canadien et américain et finalement, l’Inde. Il a repris le travail en avril dernier pour le dernier droit avant la retraite, malgré certaines appréhensions : « Le retour me faisait un peu peur! » Pas certain que ses amis coureurs de LF ont eu beaucoup de d’empathie pour lui …