PORTRAIT D'UN COUREUR - LUC GAUTHIER

Originaire de Dolbeau-Mistassini au nord du Lac St-Jean, Luc se souvient, dans sa jeunesse, avoir vu courir et courir Réjean Harvey, également membre de LF, dans les rues de son patelin : « Je ne le connaissais pas mais je voyais souvent ce personnage-là qui courait et je me demandais : c’est quoi l’fun de courir comme ça sans but? »

Pourtant, Luc est très sportif. Mais il carbure aux sports d’équipe mettant à profit sa charpente robuste et sa puissance. Luc joue pendant 11 ans au football (il est même repêché par une équipe universitaire), au soccer à un niveau très compétitif ainsi qu’au hockey : « J’ai joué pendant 40 ans. J’ai encore ma poche de hockey mais je ne suis plus capable d’entrer dans un aréna; avec l’odeur et tout, j’aurais peur de redevenir accroc. Et je suis passé à autre chose! »

Les blessures (notamment, les fractures aux deux chevilles qu’il a subies dans un accident automobile) le forcent à tout arrêter.

En 1986, il étudie en deuxième année à l’École de technologie supérieure de Montréal. Il reçoit un appel inattendu du Centre de recherche de Valcartier pour un poste qu’il n’a pas sollicité. Il se rend à Québec pour passer un examen. Luc n’a pas répondu à un bon nombre de questions, il est donc surpris quand les responsables l’informent qu’il se classe 2e sur les 70 candidats présents et l’invitent à revenir la semaine suivante pour une entrevue. Luc ne l’entend pas ainsi : « Si tu veux me passer en entrevue, c’est aujourd’hui. Pas question que je revienne en autobus la semaine prochaine! » C’est ainsi que Luc en 1986 son emploi au gouvernement fédéral, emploi qu’il occupe encore aujourd’hui, à quelques années de la retraite.

Vingt ans ont passé. Il ne comprend toujours pas après quoi courent les Réjean Harvey de ce monde. Mais il en croise beaucoup des Réjean Harvey. Et il a beaucoup engraissé : « J’étais rendu gras comme un voleur, il fallait que je fasse de quoi. » Un jour qu’il se rend au parc pour faire du vélo de montagne, Luc a « une crampe au cerveau » : il décide que le lendemain, il se rendra au parc mais en joggant. « C’est comme ça que j’ai commencé : un “p’ti bout” à la course, un “p’ti bout” à la marche; sans le savoir, je faisais la bonne affaire! »

La même année, Luc applique sa méthode fractionnée sur la piste intérieure de la base de Valcartier : un tour de piste à la course, un tour de piste à la marche. Ses collègues de travail, Frédéric Côté et Daniel Desharnais, tous deux membres de LF, voient que Luc court de plus en plus et semble motivé. Un jour, ils décident que Luc est « prêt » : ils l’invitent à venir essayer le Club.

Ce que Luc fait au printemps 2011. Dès la fin de l’été, Luc participe à sa première course, un demi-marathon. Il court son premier marathon à Ottawa en 2013 : « Je m’étais entraîné comme je pouvais, ma plus longue sortie avait été 23 km. Durant la course, je marchais, courais, marchais, courais, j’ai vraiment eu de la misère. Mais dans le dernier bout droit, après le pont, j’ai regardé ma montre et j’ai vu que je pouvais peut-être finir en bas de 4h00. J’ai accéléré et j’ai terminé en 3:59:48! J’étais super content! »

Depuis, lorsqu’il n’est pas blessé, Luc court deux marathons par année. Il en a maintenant couru dix et se prépare, dans la neige, le froid et le vent, à son onzième à Ottawa. Il trouve ça “tough” s’entraîner l’hiver : « Mais tu sais que tu ne seras pas tout seul; en gang, c’est presqu’agréable! »

Son meilleur temps est 3h41 : « Je sens que je suis encore capable de le battre, je ne suis pas trop loin; mais c’est de l’ouvrage quand tu veux baisser ton temps sur marathon. » Pour le futur, Luc aimerait bien courir des marathons à l’extérieur, avec sa blonde Nathalie Roy, qu’il a rencontrée au Club : « Peut-être Londres. »

Pourquoi pas Luc!